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La presse en parle !
(La Voix du Nord et Nord Éclair)

 

SOMMAIRE:

  • Zoom sur la création de Villeneuve d'Ascq

-Quarante ans, le bel âge de Villeneuve-d'Ascq
jeudi 25 février 2010, 05h06 - LAURENT WATIEZ, La Voix du Nord

-Villeneuve d'Ascq, quadra et encore jeune ?
jeudi 25 février 2010 à 06h00 - JULIEN GILMAN, Nord Éclair

  • Enjeux du colloque à la Rose des Vents

-Retour vers le futur de la ville nouvelle
samedi 27 février 2010 à 06h00 - JULIEN GILMAN, Nord Éclair

  • Retour sur la journée du 27 février 2010 (colloque et bal des 40)

-Le colloque « 2010 la belle année » hier à la Rose des Vents : un nouveau départ ?
dimanche 28 février 2010 à 05h08 - JEAN-MARIE GUICHARD, La Voix du Nord

-Bal populaire pour les 40 ans de Villeneuve d'Ascq
mardi 02 mars 2010 à 06h00 - PERRINE STORME, Nord Éclair

Quarante ans, le bel âge de Villeneuve-d'Ascq

jeudi 25.02.2010, 05:06 - PAR LAURENT WATIEZ

Riche de deux campus universitaires, symbole de l'innovation et de la recherche, bientôt équipée d'un Grand Stade futuriste, Villeneuve-d'Ascq continue d'incarner l'avenir. Retour sur une épopée.

On vous parle d'un temps où les élections régionales n'existaient pas. Dans les années soixante frémissantes, l'administration centrale disposait encore de l'autorité suffisante pour imposer à peu près ce qu'elle voulait, au nom de l'intérêt général bien compris. Ainsi a germé l'idée d'une ville nouvelle, plantée à l'est de Lille.
 La légende évoque un survol en hélicoptère par Edgard Pisani, déterminant le choix d'un site déjà investi par une cité scientifique balbutiante. L'histoire, elle, retiendra qu'en décembre 1966, le ministre de l'Équipement prit formellement la décision, sous la forme d'une lettre adressée au préfet Pierre Dumont. Elles seront neuf, au total, à porter ainsi l'espoir d'un nouvel urbanisme : Marne-la-Vallée, Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Étang-de-Berre, L'Isle-d'Abeau, Évry, Sénart, Val-de-Reuil et donc... Quel nom, au fait, pour la ville nouvelle de Lille-Est ?

Bataille politique

La réponse correspond au quarantième anniversaire célébré aujourd'hui même. Le 25 février 1970, le préfet signe un arrêté portant la création de Villeneuve-d'Ascq, issue de la fusion entre Flers, Annappes et le village martyr d'Ascq, où furent massacrés quatre-vingt-six innocents par les SS, le 2 avril 1944. Un temps envisagé, Villeneuve-en-Flandre s'efface au profit d'Ascq, en mémoire des victimes. Réglée en quelques semaines, à l'insu des habitants, l'opération va non seulement donner un nom à la ville nouvelle, mais aussi une identité... et des élus. Car pendant que l'Établissement public d'aménagement de Lille-Est (EPALE) construit à tour de bras les équipements du futur (logements, écoles, stades...), la bataille s'engage pour le contrôle d'un bastion politique prometteur. Ne parle-t-on pas d'aller vers les cent mille habitants ?
À la veille des élections municipales de 1971, la droite voit loin. La mairie de Villeneuve-d'Ascq, fruit de trois municipalités inscrites dans sa mouvance, ne peut lui échapper. De quoi donner du souffle à François-Xavier Ortoli, ministre et proche de Georges Pompidou, candidat à la mairie de Lille. En cas de succès, une fusion avec la ville nouvelle permettrait de rééquilibrer le rapport avec la gauche. La victoire du socialiste Augustin Laurent brisera net le fol espoir.
Mais le rapprochement entre Villeneuve-d'Ascq et Lille, lui, continue d'attiser les convoitises. Signe des temps, c'est Pierre Mauroy qui met le feu aux poudres pendant la campagne de 1977. Il a inscrit la proposition dans le programme de la gauche. Invité à s'exprimer sur le sujet par un journaliste de La Voix du Nord, Gérard Caudron marque un temps d'arrêt. Et pour cause, le candidat des socialistes à Villeneuve-d'Ascq n'est pas au courant ! La réponse tombe malgré tout au bout de quelques secondes : c'est non. Une réputation est née, celle d'un jeune maire contestataire, rétif à l'injonction, qu'elle vienne de l'imposant voisin lillois, de l'ambitieuse communauté urbaine ou de la contraignante administration, incarnée par l'EPALE.

Un trésor foncier

Alors que sortent de terre à un rythme effréné les ensembles collectifs qui dessinent la ville actuelle, la municipalité est priée d'accompagner le mouvement. Le maire signe les permis de construire, tandis que la commune garantit, puis rembourse les emprunts. Mais l'EPALE est une grosse machine, qui doit rentabiliser son activité avec des projets pas toujours en phase avec ceux des élus. Pas question pour eux, par exemple, d'aller vers les cent mille habitants. Le seuil est fixé à soixante-dix mille, dans le souhait affiché de préserver les espaces verts. Les bras de fer se multiplient. Jusqu'à l'inévitable divorce.
En 1983, Gérard Caudron obtient de Jean Le Garrec, alors secrétaire d'État auprès du Premier ministre, la dissolution de l'EPALE. « On a sans doute fait une erreur, concède aujourd'hui le maire. Si on avait attendu deux ou trois ans, par exemple, des programmes auraient gagné en qualité. Une partie des problèmes de vieillissement du patrimoine vient de là. » C'est la communauté urbaine, et non la ville, qui va reprendre le passif de l'EPALE, en contrepartie d'un fabuleux trésor foncier : 900 hectares de terrains aménageables ! Villeneuve-d'Ascq, heureusement pour elle, en profitera largement : c'est là que seront érigés, notamment, le parc scientifique de la Haute-Borne, Heron Parc, le Grand Stade... À quarante ans, il est toujours temps de regarder loin devant.

Les clés

1. L'histoire
Il y a très exactement quarante ans, le 25 février 1970, le préfet du Nord signait un arrêté portant sur la création de Villeneuve-d'Ascq, une ville nouvelle, à l'est de Lille, issue de la fusion des communes de Flers, Annappes et du village martyr d'Ascq.
2. La ville campus
Signe particulier : la ville nouvelle abrite sur son territoire deux universités (Lille I, sciences et techniques ; Lille III, lettres et sciences humaines) pour un total de quarante mille étudiants. Elle attend beaucoup du plan « Campus Grand Lille ».
3. L'avenir
La réouverture du musée d'Art moderne à l'automne, la construction controversée du Grand Stade, qui doit prendre fin en 2012, et la poursuite du parc scientifique de la Haute-Borne constituent autant de projets pour la ville nouvelle.
 
Repères

À l'occasion des quarante ans de la ville, un colloque aura lieu samedi à la Rose des vents, de 9 heures à 13 heures.

Le colloque.
« 2010, la belle année pour Villeneuve-d'Ascq ». Sous ce titre, trois temps forts marqueront les échanges : «  Une ancienne ville nouvelle à réparer » sera animé par René Vandierendonck, vice-président de Lille métropole communauté urbaine (LMCU), chargé de l'urbanisme et de la ville renouvelée.
Éric Quiquet, vice-président de LMCU chargé des transports, abordera les constructions et espaces publics à transformer dans le deuxième volet, «Une nouvelle ville à mettre aux formes et aux modes du XXIe siècle ».
Enfin, Gérard Caudron, maire de la ville, développera « La place de Villeneuve-d'Ascq dans la métropole de demain », à l'horizon 2020-2025.

Le bal.
Le deuxième rendez-vous est « tout public ». Parce qu'un anniversaire sans musique n'en est pas vraiment un, samedi à partir de 21 heures, l'espace Concorde, une des plus grandes salles villeneuvoises, accueillera un bal concert populaire et festif avec deux groupes et un DJ.
Entrée gratuite.
 

Villeneuve d'Ascq, quadra et encore jeune ?

Publié le jeudi 25 février 2010 à 06h00. JULIEN GILMAN, Nord Éclair

Villeneuve d'Ascq fête aujourd'hui ses 40 ans. Celle qu'on appelle toujours la ville nouvelle a su trouver sa place au coeur de la métropole lilloise. Dernier signe en date, l'accueil du Grand Stade de Lille.

Villeneuve d'Ascq est née pour rajeunir une métropole balbutiante, assise sur le triangle industriel Lille-Roubaix-Tourcoing. Au milieu des années 1960, il s'agit de créer un pôle tertiaire, agrémenté de logements sociaux et en accession à la propriété. Bien que sortie de l'imagination des techniciens du ministère de l'Équipement et du Logement, la ville nouvelle s'enracine dans l'histoire de trois communes : Ascq, Annappes et Flers-lez-Lille. Un soir de février 1970, les trois conseils municipaux décident la fusion.

C'est dans les champs de betteraves que poussent les quartiers de la ville nouvelle. Une ville jeune, forcément, qui comprend dans son périmètre deux campus universitaires. Les premiers habitants débarquent au Triolo en 1972.

D'abord gérée par l'Épale (Établissement public pour l'aménagement de Lille Est), cette ville éprise d'indépendance, gagnée dès 1977 par l'équipe socialiste de Gérard Caudron, hérite de ce qui se fait de mieux dans la métropole. Le Stadium est inauguré en 1976, la même année que la scène nationale de la Rose des Vents, le centre commercial V2 ouvre ses portes en 1979, le Musée d'art moderne en 1983 et le métro Val circule à partir de la même année.

Poumon vert de la métropole

La crise sonne le glas de la ville nouvelle et l'Épale est dissout en 1983. La ville, qui n'aura jamais 100 000 habitants, en tire un avantage : la création des parcs du Héron et urbain autour de la chaîne des lacs et la réputation méritée de « poumon vert de la métropole ». Crucifiée sur un axe routier, la RN227, et la ligne de chemin de fer Tournai-Lille, la ville peine à se trouver une âme. Difficulté qu'accentue un centre-ville introuvable, seul V2 est identifiable. « L'esprit pionnier » a certes présidé aux premières années de la ville nouvelle (lire ci-contre), mais la paupérisation de certains quartiers, comme le Pont de Bois, ou le repli sur soi d'universités censées être intégrées à l'urbanisme, ont eu raison des utopies du départ. Enfin, la population est vieillissante. Les trentenaires de la ville nouvelle ont vieilli avec elle et leurs enfants ont fui, faute de logements accessibles.
« Mais la moyenne d'âge reste la plus jeune de la métropole », tient à préciser le maire, Gérard Caudron.

« Une jeunette ! »

Dans le même temps, Villeneuve d'Ascq continue à pousser. Après la Cousinerie, le quartier des Prés sort de terre à partir de 1983.
Dans les années 2000, le Recueil et la Haute Borne parachèvent l'ensemble. « Le patrimoine de la ville nouvelle a vieilli, mais elle reste une jeunette ! », note l'édile.
Au cap de la quarantaine, Villeneuve d'Ascq poursuit son rayonnement métropolitain. En septembre 2010, le nouveau Musée d'art moderne ouvrira ses portes, agrandi et rénové. Surtout, c'est à cheval sur son territoire et celui de Lezennes que la communauté urbaine va ériger son Grand Stade. Face à une zone commerciale de V2 étendue à Heron Parc et son ciné de 12 salles, le stade multifonctionnel de 50 000 places pourrait devenir le centre d'une métropole ancrée dans le 21e siècle. « La ville est dans le paysage de la métropole, constate Gérard Caudron. Techniquement parlant, ce n'est plus une ville nouvelle, mais c'est toujours une nouvelle ville. »

L'identité villeneuvoise, de la réalité au mythe

Pascal Percq, ancien journaliste grand reporter à Nord éclair et spécialiste de Villeneuve d'Ascq, revient sur le mythe fondateur de l'esprit pionnier des premiers habitants de la ville nouvelle et sur ses répercussions aujourd'hui. En quoi les premiers habitants de la ville nouvelle étaient-ils pionniers ? >> Ils sont arrivés au Triolo, en 1972, les pieds dans la boue, dans un quartier où l'éclairage, la voirie, les équipements, les écoles étaient encore en construction. L'autre aspect, c'est la moyenne d'âge : beaucoup de jeunes ménages avec enfants. Leurs problèmes, comme les crèches, sont abordés collectivement. De plus, l'Épale ( Établissement public pour l'aménagement de Lille Est, ndlr) propose que les promoteurs mettent en commun les équipements sociaux obligatoires, ce qui donnera les LCR (locaux collectifs résidentiels, ndlr). Les habitants devront s'organiser pour leur gestion commune, ce qui va développer la vie associative. Qu'est-ce qu'être alors Villeneuvois ? >> Il y a deux aspects. La ville ne sort d'abord pas du néant. Le nom d'Ascq est là (le nom de la ville nouvelle garde la mémoire des massacrés de la nuit des Rameaux 1944, ndlr). Avant fusion, Ascq, Annappes et Flers, c'est 35 000 habitants, ça n'est pas rien ! Et puis il y a la création. On parle de Villeneuve d'Ascq comme de la fille de mai 68, même s'il ne s'est pas passé grand-chose en mai 68 à la Cité scientifique ! Mais il y a cette interrogation permanente : qu'est-ce qu'on peut inventer ensemble ? Ces gens dynamiques ont eu la volonté de se regrouper face aux élus locaux, aux techniciens de l'Épale, aux syndics et à une communauté urbaine éloignée et toute puissante. Il y a de l'incompréhension, mais aussi du dialogue et la recherche de compromis. Il y a l'idée sous-jacente de participer à l'aventure. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? >> Il en demeure essentiellement un mode de vie, lié à la qualité de vie. La ville nouvelle, interrompue en 1983, est surdimensionnée (60 000 habitants pour 2 746 ha, ndlr). Mais elle a pu bénéficier d'un équilibre entre espaces naturel, public et privé. C'est unique dans la région. On trouve encore une identité villeneuvoise car je ne pense pas qu'il y ait eu un turn over important de sa population. La proximité de Lille en fait quand même une banlieue chic. C'est un confort qui existe grâce à l'aménagement concerté. 40 ans après, peut-on parler d'échec ou de réussite ? >> Il n'y a pas de réussite sur les objectifs prescrits au départ. La ville nouvelle s'est arrêtée sur un consensus, par manque d'argent. Mais ça a permis d'obtenir un résultat maîtrisé et équilibré. Pour moi, le problème, ce n'est pas les 40 années passées, mais les 40 prochaines : Villeneuve d'Ascq parviendra-t-elle à garder sa capacité d'innovation ?

Le parc de la Haute Borne, ultime avatar de la ville nouvelle

Villeneuve d'Ascq est une ville qui se construit encore. À la Haute Borne, parc d'entreprises liées à la Cité scientifique, la commune quadragénaire renoue avec l'idée de pôle d'innovation de la ville nouvelle. Et le succès est là. C'est la grande réussite villeneuvoise de ces dernières années. Le parachèvement de la ville nouvelle, en quelque sorte, puisque « l'idée était déjà dans les cartons de l'Épale », rappelle le directeur de la SEM Haute Borne, Philippe Colette. Mais c'est en 1989 que les études d'un parc d'entreprises innovantes en lien avec la Cité scientifique débutent vraiment. Dix ans plus tard, la société d'économie mixte est créée. Son conseil d'administration est présidé par le maire de Villeneuve d'Ascq, mais il comprend aussi des représentants de la communauté urbaine de Lille et des universités Lille 1 et Lille 3. En 2002, la première entreprise emménage au « Parc scientifique européen de la Haute Borne ». Elle est aussi la première entorse à son principe de lien avec Lille 1. Il s'agit de Cofidis qui s'installe sur 50 000 m² des 250 000 m² du parc. Pour LMCU, il faut conserver une grande entreprise sur son territoire, mais la gageure devient un avantage : l'implantation du mastodonte lance la Haute Borne qui peut se développer en un temps record. « J'ai rarement vu une opération sortir aussi vite ! », lâche Philippe Colette. « La mayonnaise prend » Aujourd'hui, les aménagements (voirie, éclairage...) sont achevés et la moitié des terrains construits. Une soixantaine d'entreprises est installée, soit 4 700 emplois. Trois grands secteurs sont représentés : recherche et développement publics (CNRS ou ministère de la Recherche), les SSII (informatique), et un pôle développement durable. « C'est l'innovation au sens large, note Philippe Colette. Cette mayonnaise est en train de prendre. » L'équipe de la SEM a acquis une expérience que le maire, Gérard Caudron, entend bien faire fructifier dans le programme Ville nouvelle renouvelée, piloté par LMCU. La rénovation de l'Hôtel de Ville et du Pont de Bois, « vieux nouveaux quartiers », entérinera le passage de Villeneuve d'Ascq dans une nouvelle ère, loin de la ville nouvelle.

 

Retour vers le futur de la ville nouvelle


Publié le samedi 27 février 2010 à 06h00, JULIEN GILMAN, Nord Éclair

Une matinée pour imaginer la future Villeneuve d'Ascq, c'est ce que propose le colloque organisé en guise de gâteau d'anniversaire, ce matin, à la Rose des Vents.


C'est le visage futur de Villeneuve d'Ascq, à l'horizon 2020-2025, qui doit se dessiner ce matin. Rien que ça !
Un cadeau d'anniversaire, pour les 40 ans de la ville nouvelle, en forme d'ordre de mission. Et pour l'écrire, il n'a pas été fait appel qu'à une cohorte d'experts, mais aux décideurs politiques de l'urbanisme métropolitain, comme le remarque Pascal Percq, spécialiste de la ville et animateur du colloque.
« Ils viennent avec leurs étiquettes de vice-présidents à la Communauté urbaine, et non de maire ou d'adjoint. Il y a 10 ou 20 ans, cette approche intercommunale aurait été inimaginable », estime l'ancien journaliste à Nord éclair.
Une petite révolution des pensées au détriment des réflexes de clochers qui doit se traduire dans trois axes de travail. Le maire de Roubaix René Vandierendonck, vice-président à l'urbanisme, à l'aménagement et à la ville renouvelée, doit ouvrir les débats sur le thème « Une ancienne ville nouvelle à réparer ».
Éric Quiquet, adjoint de Martine Aubry et vice-président aux transports à LMCU, évoquera quant à lui, « une nouvelle ville à mettre aux formes et aux modes du 21e siècle ». « Il s'agit de traiter les adaptations de la ville nouvelle aux enjeux d'aujourd'hui, d'anticiper le changement climatique appliqué au milieu urbain, la fin du pétrole à bon marché, le maintien d'une agriculture urbaine... » , développe l'élu lillois. S'il dresse « un diagnostique plutôt positif » et reconnaît que la ville fut pionnière en matières environnementales, Éric Quiquet sait que des aspects de la ville nouvelle peuvent être améliorés : « On ne construit plus comme dans les années 1970. en terme d'isolation thermique par exemple, il y a mieux... » La troisième table ronde sur « La place de Villeneuve d'Ascq dans la métropole de demain » sera animée par le maire, Gérard Caudron, vice-président au logement. « Il s'agit de valider l'engagement communautaire de remettre la ville à son niveau patrimonial maximal à la fin du mandat », explique celui-ci. L'idée est ainsi de lancer le programme de rénovation du quartier Hôtel de Ville, illustré par les explications et plans des techniciens du master plan, l'étude lancée depuis plus d'un an au niveau de la Communauté urbaine. « Nous allons acter les options politiques, budgétaires et techniques de la ville nouvelle renouvelée, en nous projetant vers l'avenir, lance Gérard Caudron. Ce n'est pas quelque chose de facile : en une matinée, nous allons lancer l'opération sur des objectifs concrets. » Vaste programme.

« Il faut réimpulser l'emballement des premières années »
 
L'architecte Jean-Pierre Watel, qui intervient ce matin, a participé à la naissance de la ville nouvelle en construisant notamment une partie du quartier du Château. Installé à Villeneuve d'Ascq, il estime que la ville doit reprendre sa croissance.

Comment vous êtes-vous retrouvé à construire dans la ville nouvelle ? >> Je travaillais sur une recherche très particulière : l'habitat groupé dense, une sorte de maison individuelle en collectif. Avec des maisons à patio, on arrivait à faire des quartiers d'une densité équivalente à celle des barres d'immeuble en vogue à l'époque. J'avais réalisé une grosse opération en région parisienne et j'ai été appelé pour faire la même chose au Château. Cette opération, en bordure du lac des Espagnols, est devenue une référence.

Comment cela a-t-il vécu ? >> Ça a très bien fonctionné. J'y ai moi-même habité quelques années. Il n'y a aucun vis-à-vis avec les autres maisons, ça donne l'impression d'être cloîtré. Lorsque vous subissez le voisinage, quand vous sortez, vous n'avez qu'une envie, c'est de casser la figure à vos voisins. Là, c'est tout le contraire.

Pas de regret, donc... >> Aucun, si ce n'est que personne ne se soucie de protéger cette opération. Les habitants sont fiers de leur maison, ils font au mieux, mais il leur arrive de commettre des erreurs quand ils réhabilitent.

Comment voyez-vous l'avenir ? >> La situation n'est pas simple : tout a été neuf en même temps, donc tout vieillit en même temps. Pour ma part, je ne crois pas au lifting. C'est comme certaines femmes qui se font tirer les joues : le résultat est parfois ignoble. Il ne faut pas réhabiliter à tout prix. Il faut aussi continuer la ville. Elle est comme un ado de 14-15 ans dont on aurait stoppé net la croissance. Il faudrait réimpulser l'emballement des premières années. Il reste aussi à faire un centre qui ne soit pas un centre commercial et transformer l'autoroute, véritable coup de sabre, en un boulevard urbain, en commençant par y interdire réellement les camions. PROPOS RECUEILLIS PAR YOUENN MARTIN

"Une ville agréable à vivre"

Pour Colette, première directrice du centre social d'Annapes, « Villeneuve d'Ascq a été la période de la vie la plus calme ». Elle garde aujourd'hui souvenir des champs de fraises, et admire « l'harmonie entre campagne et urbanisme ».

Née à Tourcoing « par hasard », baroudeuse, Colette a fait le choix de passer ses vieux jours à Villeneuve d'Ascq. 88 ans, résidente du foyer Jean-Baptiste-Clément, elle a été la première directrice du centre social d'Annapes, ouvert en 1967 et devenu aujourd'hui maison des Genêts. Elle se souvient d'Annapes, d'un « village encore en construction mais au caractère déjà fort », des champs de fraises à traverser pour rejoindre Ascq ou Flers. « Une fois, raconte-t-elle, des Parisiens venus voir la cité scientifique se sont faits pincés parce qu'ils cueillaient des fruits. Ils pensaient qu'ils étaient sauvages. »

Colette a pris sa retraite du centre social en 1981, à 60 ans et a « enfin pu profiter ». « Villeneuve d'Ascq a été la période la plus stable et la plus calme de ma vie », avoue-t-elle. Elle qui a connu l'horreur et les morgues de la seconde Guerre mondiale ne se rappelle dans la nouvelle ville que de bons souvenirs. « C'est une ville agréable à vivre, même si à une époque, les travaux n'en finissaient pas. Elle a en plus su trouver une harmonie dans le paysage, entre urbanisme et campagne. » Pas d'immeubles hauts, des fils électriques enterrés pour plus d'esthétique, et une « nature qui a été mise en avant ». « Vous voyez, dit-elle blottie dans son fauteuil de la résidence J.-B.-Clément, je suis bien ici ; on voit les arbres. » JUSTINE FAIDERBE

Jean-Pierre, guide touristique : « Villeneuve d'Ascq aura toujours trois âmes »

Il a posé ses bagages à Annapes en 1974 et n'en a plus bougé depuis. Jean-Pierre, guide à l'office de tourisme de Villeneuve d'Ascq, baisse le masque pour raconter sa vie dans l'ancien village. Et livrer sa vision de la nouvelle ville.

Jean-Pierre a les yeux rieurs, le ventre rebondi, des moustaches blanches en défense de phacochère. Et sous le bras, quand on lui parle des 40 ans de Villeneuve d'Ascq, tout une collection de photos du siècle dernier, avant la construction de la ville nouvelle : la place de la Liberté à Flers, le café restaurant de la Gare à Ascq, la Grand'rue d'Annapes. Annapes. Ce guide de l'office de tourisme se souvient de l'odeur des boulangeries, de celle des champs remués, du beurre frais de la ferme Lebrun, des écureuils rencontrés lors des balades avec les enfants, des bavardages sur le pas-de-porte. De la « vie de village ». Jean-Pierre est arrivé en 1974 dans la rue du Bois, du côté de Saint-Sauveur. Il vit encore là aujourd'hui, même « si pour aller faire ses courses, il faut prendre la voiture ». À St-Sauveur, il ne reste que le café tabac : la dernière boulangerie a fermé il y a un an, la faute selon le guide à Auchan, bâti en 76 et « qui a fait péricliter tous les commerces locaux ».

Drôle et bizarroïde

Quand il a amené sa famille à Villeneuve d'Ascq, Jean-Pierre sortait des « clapiers à lapins » lillois. Le quartier Hôtel de ville était en construction, « la Rose des Vents sortait de terre ». Il se souvient des essais du Val à l'actuelle borne de l'Espoir - « on se demandait ce qu'était cette drôle de machine qui avançait et reculait » - de la construction du campus et des « bâtiments bizarroïdes » au Pont de Bois, de la naissance de la Cousinerie, et de l'arrivée des « gens de la ville nouvelle ». « Vous savez, dit-il, les habitants d'Annapes, Ascq et Flers devenus Villeneuvois n'ont pas l'esprit ville, ils ont gardé leur esprit de quartier. Villeneuve d'Acsq aura toujours trois âmes. » S'il regrette aujourd'hui la désolidarisation entre voisins, le manque de renouvellement des logements ou encore la disparition des exploitations agricoles, Jean-Pierre salue toutefois la volonté de la ville nouvelle de créer « du mouvement », avec plus de 1  000 associations culturelles ou sportives, et de sauvegarder un « paysage vert ». Le parc du Héron est pour lui « quelque chose d'extraordinaire ». Plus encore, la défense de la langue picarde toujours active : « Un vrai pied-de-nez aux Parisiens qui ont imposé le nom chic de Villeneuve, au lieu du patois Neuville. » J.F.

 

Le colloque « 2010 la belle année » hier à la Rose des Vents : un nouveau départ ?

dimanche 28.02.2010, 05:08 - La Voix du Nord, PAR JEAN-MARIE GUICHARD

Point d'orgue de l'anniversaire des 40 ans de la ville nouvelle, le colloque qui s'est tenu hier matin à la Rose des Vents a permis de mettre l'accent sur les grands enjeux de ces prochaines années.

La grande salle du théâtre était presque pleine, de nombreux élus d'hier et d'aujourd'hui, des responsables divers témoins de l'évolution de la ville ainsi que de simples curieux ayant répondu à l'invitation de la mairie. À partir du diagnostic Master plan urbain réalisé par Serge Brunet et l'atelier Ruelle Tetra Géodis, trois tables rondes thématiques se sont succédé, animées par l'ancien journaliste Pascal Percq et Gérard Caudron.

Lors du premier débat, « Une vieille ville nouvelle à réparer », ont été évoqués les gros dossiers de la ville à traiter en priorité, notamment le logement. Les interventions, comme celle d'Olivier Henno, maire de Saint-André, et Rudy Ellegeest, son homologue monsois, ont permis de comparer les atouts de Villeneuve-d'Ascq par rapport à d'autres communes. Revenir sur « les inepties du passé », comme les écoles à toits plats, pour reprendre les termes de Rudy Elegeest, ou exploiter encore mieux l'intérêt touristique de la ville : la chaîne des lacs, le musée, une fois digéré « le retour d'âge » de la ville nouvelle, comme a lancé Olivier Henno devant une assistance hilare.

L'intervention d'un des architectes « historiques » de Villeneuve-d'Ascq, Gérard Zeller, a permis de revenir sur les jugements définitifs entendus ces dernières années. Par exemple le Pont-de-Bois, aujourd'hui honni, qui représentait pourtant une innovation architecturale pour l'époque, avec des appartements agréables et prisés, des cellules commerciales adaptées...

Les tables rondes suivantes, consacrées notamment aux transports et aux moyens d'adapter la ville aux enjeux des prochaines décennies, ont mis en évidence des problèmes récurrents et suscitant des avis partagés où est le centre ville et faut-il en créer un à tout prix ? Comment résoudre la question du transport urbain dans une optique de développement durable, sachant que les habitants s'éloignent peu à peu du coeur de la ville ? Comment intégrer les campus universitaires dans la ville ?

Des sujets qui ont suscité des réflexions intéressantes et sans langue de bois de la part des personnalités présentes. Éric Quiquet, élu métropolitain en charge des transports, a rappelé qu'on ne pourrait jamais amener le métro dans la campagne et qu'en tout cas la prolongation de la ligne 1 vers les logements de la Haute Borne n'était pas à l'ordre du jour dans les dix ans à venir. Gérard Caudron, de son côté, fait un sort à l'obsession du centre ville : si ce ne sont plus l'église de la place ou le marché qui constituent ce centre mythique, comme dans les années 60, mais les centres commerciaux et les cinémas, prenons-en acte !

Suite à des questions du public, la présence d'une « autoroute » au milieu de la ville a aussi été abordée : « On pourrait imaginer de réunir les deux voies parallèles en une seule, à double sens, a expliqué Gérard Caudron, ce qui aurait aussi l'avantage de diminuer la vitesse ! » Bref, une rencontre enrichissante qui marque une réelle volonté de préparer l'avenir, dans un partenariat apaisé, si l'on en juge par la présence de Bernard Derosier à côté de Gérard Caudron lors du dernier débat... •

Bal populaire pour les 40 ans de Villeneuve d'Ascq

Publié le mardi 02 mars 2010 à 06h00, PERRINE STORME (correspondante locale), Nord Éclair

Pattes d'eph', perruques, paillettes, et chansons populaires, l'espace Concorde a revêtu, ce samedi, ses costumes d'époque pour célébrer les 40 ans de Villeneuve d'Ascq.

Une ambiance conviviale qui a ravi les 300 Villeneuvois présents.
Il n'est que 22h, et pourtant l'ambiance bat son plein. Au milieu de la piste, les fêtards tournoient en farandole sous la musique entraînante et rétro du Bal des Martines. Aux tables, on discute, on rit, autour de quelques verres, dans une ambiance conviviale et festive. Plus de 300 Villeneuvois étaient venus ce samedi, à l'espace Concorde, pour célébrer en musique les 40 ans de la fusion.

Musiques rétro pour commencer, puis suivent les tubes des années 70 mixés par DJ Dyb, pour finir avec les standards des années 80 repris par Dissident Chaber : le ton est donné. Le bal-concert sera populaire, « comme une fête entre amis, chez soi mais en plus grand », explique Lawrence Amet, responsable de la programmation au service culture de Villeneuve d'Ascq.

Pour Dominique Furne, élue à la culture : « il est important que chaque Villeneuvois se retrouve dans les 40 ans de la ville, aussi nous avons voulu recréer un événement populaire où tout le monde peut venir danser, âges, classes sociales et styles confondus. » Enthousiaste, Catherine, 50 ans, se réjouit de la soirée : « l'orchestre est super, l'ambiance aussi, l'entrée est gratuite... Vive le retour des bals populaires dans les villes. »

Gourmande de festivités, Villeneuve d'Ascq prolongera son anniversaire toute l'année avec au total une quinzaine d'événements. Bal, concert, expo, colloque, la ville est bien décidée à fêter comme il se doit ses 40 printemps.


 

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