Les Ascquois ne croisent plus, dans les rues, ces petits groupes rieurs. N’entendent plus les «bonjour» lancés à la cantonade. Terminés, les matches de foot improvisés dans le jardin de la structure…

Aux Lauriers, le temps du confinement paraît deux fois plus long aux personnes déficientes intellectuelles accueillies ici depuis des décennies.

Si l’accueil de jour a été fermé, 76 résidents sur les 84 habituels sont encore abrités ici, seuls huit d’entre eux ayant pu regagner le domicile familial.

Les trois bâtiments ont été cloisonnés et certains ne quittent plus leur chambre. 

Autour d’Annick Stratmains, la directrice, le quotidien s’est organisé tant bien que mal, avec une équipe certes réduite de 25 %, mais plus que jamais attentive aux besoins de ces hommes et femmes âgés de 20 à 73 ans.

Les séances d’activités manuelles, de jeux de société ont été renforcées, les regroupements sont limités à quelques personnes pour regarder la télévision, écouter de la musique et chanter… «Nos pensionnaires ne comprennent pas pourquoi les sorties, les activités sportives, les séances de danse, qu’ils adorent, se sont interrompues, ni pourquoi les intervenants extérieurs ne viennent plus leur rendre visite… Ils suivent l’actualité, mais tous les jours, il faut réexpliquer les raisons de ce confinement», pose Annick Stratmains.

Une situation qui se complique, après deux semaines d’isolement et qui génère tristesse et interrogations… Mais l’équipe ne baisse pas les bras. Elle pallie, elle innove, avec les moyens du bord et beaucoup de dévouement. Avec aussi la conviction qu’après la pluie reviendra le beau temps… et probablement la folle espérance que le monde de demain sache mettre à profit les leçons d’aujourd’hui.

«Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre». Dostoïevski.