Depuis l’arrivée du Coronavirus, les portes y sont restées grandes ouvertes… mais avec mille et une précautions.

Clotilde Chocraux, 45 ans, est responsable de caisse. Et en 25 ans de travail dans la grande distribution, elle n’a jamais vécu une telle situation… : «Notre patron a réagi très vite, en commandant du gel hydro-alcoolique, des masques, des gants pour tout le personnel. Des protections de plexi ont été installées aux caisses, des marquages matérialisés au sol pour assurer le respect des distances de sécurité, nous avons régulièrement des formations aux  gestes-barrières… ».

Des renforts ont aussi été engagés, portant à 17 le nombre de caissières. «Je suis admirative du travail fourni par mes collègues, explique la jeune femme. Même si toutes les précautions sont prises, nous venons travailler avec un peu d’appréhension. Comme moi, beaucoup d’employés sont mères et pères de famille. Comment rentrer chez soi le soir, embrasser ses enfants, sans y penser… ? »

Si la grande majorité des clients témoigne à ces travailleurs exposés respect et reconnaissance,  les remercie, parfois même par écrit, quelques-uns ont besoin que le vigile présent en permanence à l’entrée leur remette en mémoire la règle de distanciation sociale pourtant affichée et rappelée partout. «On en voit parfois qui tentent de venir quatre ou cinq fois par jour acheter une bricole… J’espère vraiment qu’une fois la crise passée, les gens porteront sur nos professions un autre regard et qu’ils maintiendront cette vigilance qui nous aura permis à tous de surmonter l’épreuve. Mais je n’en suis pas sûre… ».

Clotilde, Nathalie, Sylvie… et leurs collègues caissiers, manutentionnaires, livreurs, ici comme dans toutes les villes de France et du monde, sont en première ligne eux aussi. Ces milliers de travailleurs du quotidien, que l’on ne regarde qu’à peine au passage en caisse, auxquels on ne manifeste souvent même pas la plus élémentaire des politesses,  auront pourtant démontré, durant toute cette étrange période, que sans eux, le pays ne pouvait pas tourner. Chapeau bas, Mesdames et Messieurs, et merci…