Après un diagnostic réalisé en 2016 sur l’édifice, la ville de Villeneuve d’Ascq a décidé de lancer un programme de restauration de ces façades, charpentes et couvertures.

Rétrospective historique 

L’église Saint Pierre de Flers Bourg est un des bâtiments les plus anciens de la ville. Elle est inscrite au titre des Monuments Historiques et son portail monumental est classé.
Celle-ci existait déjà au 12ème siècle comme l’atteste un acte administratif du 3 mars 1144 où le pape Célestin II reconnait la possession des biens de Flers. L’édifice de l’époque était de forme rectangulaire avec un chevet plat et était entouré d’un cimetière.

L’église que nous connaissons aujourd’hui est issue d’une reconstruction du 16ème siècle. L’architecture de l’édifice a été modifiée au fil des siècles lors de divers travaux. L’église du 16ème siècle comportait des bas-côtés accolés perpendiculairement à la nef et présentait ainsi une enfilade de 3 pignons. Au 17ème et 18ème siècles, à cause d’une mauvaise évacuation des eaux pluviales, les toitures des bas-côtés sont modifiées. A la place des petits vaisseaux, on créé une toiture en appentis de part et d’autre de la nef. Au 19ème siècle, l’architecte départemental Charles Marteau va entreprendre de grands travaux de restauration de l’église. Dès 1842, à l’intérieur de l’édifice, on abat l’arcade entre le chœur et la nef, mais la différence de hauteur entre les deux espaces n’est pas cohérente ni esthétique. Pour gommer cet effet, l’architecte décide de rehausser les murs de 3 mètres et de créer une unique toiture à deux pans. Pour se faire, les charpentes des bas-côtés et de la nef sont complètement démontées et recréées. L’édifice connut bien d’autres interventions au fil des siècles dont certaines auront des conséquences sur sa conservation.

Façade est de l'église Saint-Pierre du Bourg. Copyright : Vincent Brunelle ACMH

Un état de conservation inquiétant

Le bâtiment dont les fondations sont construites en grès d’Artois, les maçonneries en pierres de Lezennes et les couvertures en ardoises, est aujourd’hui dans un état de conservation qui nécessite une intervention pour sa sauvegarde.

En 2016, un diagnostic réalisé par l’architecte Etienne Sintive a révélé des désordres importants en particulier au niveau des toitures et des maçonneries. Pour résumer : un système d’évacuation des eaux pluviales défaillant couplé à des ragréages en ciment et des remplacements de pierres inadaptées endommagent les maçonneries en pierres de Lezennes qui deviennent pulvérulentes et s’effritent. D’autres problématiques sont relevées : parmi celles-ci des charpentes en relativement bon état mais recouvertes de déjections de volatiles, des menuiseries abîmées et qui n’assurent plus d’étanchéité ainsi que leurs barreaudages oxydés, une pollution atmosphérique sur les façades ainsi que microbiologique sur les couvertures dont les ardoises manquent ou sont mal positionnées.

Un programme de travaux adapté aux problématiques du bâtiment

Les travaux sont confiés à l’architecte en chef des Monuments Historiques Vincent Brunelle. 
Le programme de travaux est conséquent et réparti sur 3 années. La première phase concerne le clocher en totalité. Une deuxième phase consistera en la restauration de la nef et du transept. Enfin le projet s’achèvera par la réhabilitation du  chœur, de la sacristie et la chaufferie.

L'église reste accessible en partie pendant la durée des travaux pour permettre une utilisation cultuelle par la paroisse Mère Térésa.
Le programme de travaux s’inscrit dans le respect de la déontologie du travail de restauration du patrimoine. Les éléments d'origine de l’édifice qui peuvent être conservés seront sauvegardés. Les éléments neufs qui seront ajoutés seront soigneusement choisis en fonction de leur compatibilité avec les éléments anciens. Il s'agit de sauvegarder un patrimoine dans le respect de sa création originale et d’en améliorer l’esthétique et la lisibilité. 

Parmi les nombreuses interventions programmées, un drainage est réalisé autour de l’édifice pour enrayer les problèmes d’humidité. On nettoie les façades et on remplace les pierres trop endommagées qui portent atteintes à la stabilité du bâtiment. Les joints sont repris et un traitement hydrofuge est effectué. Le cadran solaire est restitué par un relevé du tracé et lettrage sur des pierres neuves.
Les charpentes sont révisées et certains assemblages améliorés.
Les couvertures sont entièrement restaurées et les ardoises remplacées et posées sur un voligeage neuf. La majorité des vitraux sont déposés et restaurés en atelier.

Le projet est évalué à 2 138 606 euros. Des demandes d’aides financières ont été effectuées auprès de différents partenaires dont certains ont répondu favorablement. La Sauvegarde de l’Art Français octroie une aide d’un montant de 10 000 euros. La MEL apportera son soutien via le fonds de concours Patrimoine avec une aide financière 1 000 000 euros. 

La Région Hauts de France a également été sollicitée et apportera une réponse cet automne.
Le Département du Nord sera également sollicité pour la partie portail. Celui-ci est classé Monuments Historiques et bénéficie d’un traitement à part.

Le mobilier d’art sacré de l’église Saint-Pierre de Flers Bourg

Pendant toute la durée des travaux de restauration du bâtiment, une partie du mobilier est abrité à l’église Sacré Cœur du Sart de Villeneuve d’Ascq. Ce déménagement provisoire permet de conserver ces objets fragiles dans des conditions plus saines à l’abri de la poussière et d’éventuels autres désagréments. Les passionnés d’art sacré pourront ainsi continuer à observer les huiles sur toiles et autres sculptures en bois valorisées au sein de l’église Sacré Cœur du Sart.

Une autre partie du mobilier ne peut pas être déplacé pendant le chantier. Il s’agit de l’orgue, des retables, confessionnaux et grisailles. Ce mobilier fait l’objet d’attentions particulières et est mis à l’abri par le biais de mises en protection et conditionnements adaptés. Des interventions de restauration ponctuelles sur une partie de ce patrimoine sont prévues. Celles-ci seront programmées en fonction de l’avancement du chantier de l’édifice. L’objectif est de sauvegarder ce patrimoine et de concevoir un programme complet qui soit cohérent. L’église retrouvera ainsi une belle esthétique à la fin du projet.

Phase 1 : point d'avancement des travaux du clocher à l'automne 2022

A l’automne 2022, la restauration du clocher est toujours en cours. La charpente de la flèche du clocher ainsi que la couverture sont achevées. Des nouvelles lucarnes ont été recrées. Un nouveau chéneau plus adapté aux courbes du bâtiment a été conçu. Celui-ci est plus esthétique et remplit mieux sa fonction d’étanchéité. Il est peint en rouge pour des raisons esthétiques. La girouette représentant un coq a parfaitement été restaurée et recouverte de feuille d’or. Elle est de nouveau visible au sommet de l’édifice. L’ancien garde corps a été restauré et sécurisé pour retrouver sa place et assurer sa fonction. La charpente et la couverture de la tourelle d’escalier visible sur la face nord du clocher sera prochainement restaurée. La remise en état des maçonneries est en cours. Les pierres endommagées sont remplacées et le rejointoiement des murs est effectué depuis la base du clocher. A ce stade du chantier, plus de la moitié des maçonneries ont été reprises. Enfin, le portail d’entrée de l’édifice, classé Monuments Historiques a été déposé et mis en sécurité dans les ateliers de restauration. Un portail provisoire a été installé pour la durée du chantier. Afin de sauvegarder ce patrimoine pour les générations à venir, il a été décidé en lien avec les services compétents de la DRAC de déposer le meneau du portail (partie centrale sculptée) afin de le conserver dans les meilleures conditions possibles à l’intérieur de l’édifice. Celui-ci sera valorisé et exposé sur un socle créé sur mesure. Un nouveau meneau identique au meneau d’origine sera créé en remplacement.

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