Une forme cubique
Premier bâtiment du quartier Hôtel-de-Ville, La Rose des Vents constitue à ses débuts une rupture au milieu des prairies qui l'entourent.
Issu du courant brutaliste, l'architecte fait de cette salle de spectacles à fonctions multiples un volume imposant de béton brut. Seule l'empreinte du coffrage vient animer la façade pour mettre en avant le matériau utilisé. D'une épaisseur de 20 cm, l'enveloppe de béton est doublée par l'intérieur pour assurer isolation thermique et phonique.
Vue depuis le boulevard Van-Gogh vers 1975, Archives municipales de Villeneuve-d'Ascq, fonds EPALE, 12Fi3788
La galerie vitrée comportant à l'origine les services de billetterie, d'information et le bar vient briser la monotonie du béton. L'espace scénique est entièrement modulable et peut accueillir des dispositifs très variés. La salle peut contenir 400 à 600 spectateurs.
Intérieur de la salle vers 1978, Archives municipales de Villeneuve-d'Ascq, fonds EPALE, 5EP77
Évolution du bâtiment
Bernard Bougeault imagine réaliser une décoration animée, colorée, lumineuse et changeante sur la façade. Cependant, il dessine lui-même le premier motif noir et blanc, coordonné avec le pavage du sol aux abords du bâtiment.
La Rose des Vents, décorations de Bernard Bougeault et Guy Hallart (sur le mât de télédistribution) vers 1978, Paul Walet, Archives municipales de Villeneuve-d'Ascq, fonds EPALE, Album EPALE 16W3
Ensuite, en 1979, Béatrice Casadesus réalise, suite à un concours, la décoration définitive Le sourire de Nadja. Inspirée de la nouvelle d'André Breton, cette œuvre composée de 1600 disques représente le bas d'un visage féminin.
À la fin des années 1980, une extension est commandée à l'architecte Gérard Zeller. Le programme comporte essentiellement la requalification des zones d'accueil et l'aménagement d'une petite salle de spectacles complémentaire de 100 places.
Travaux de réhabilitation et d'extension de La rose des vents
Le conseil municipal a approuvé, le 15 octobre 2019, le choix du cabinet d’architecture Maria Godlewska, retenu pour la réhabilitation et l’extension de La rose des vents.
Au regard de la vétusté des locaux de l’ancienne salle de spectacle, dans tous domaines, (thermique, incendie, accessibilité, technique et même structurel), il était nécessaire d’apporter une réponse d’envergure. Le projet architectural et scénographique prévoit une incontournable remise aux normes d’accessibilité de tout l’édifice.
Descriptif des travaux
Ainsi, les travaux consistaient en :
- La purge de l’ensemble des constructions du site en dehors des élévations du cube.
- La reconstruction de la grande salle (toiture, coursives, gradins, ensemble scénique, …)
- La reconstruction d’une petite salle spectacle destinée aux plus petites représentations et aux répétitions
- La reconstruction des bâtiments servants (loges, locaux administratifs, réserves, locaux techniques, …)
- La construction d’un petit espace de restauration.
- La reconstruction des espaces de circulations permettant de reconnecter le Bd Van Gogh et la chaussée haute.
- Augmentation des jauges jusqu’à 436 fauteuils (dont 10 places PMR) dans la grande salle et 114 places (dont 4 places PMR) dans la petite salle.
La grande salle de La rose des vents
Intégration d'une stratégie environnementale
A l’ensemble de ces problématiques techniques se sont ajoutées, dans le contexte environnemental actuel des propositions supplémentaires qui ont renforcées le projet initial. Celles-ci proposent des solutions de végétalisation complémentaires (en toitures), l’installation de nichoirs favorisant également la biodiversité et de la récupération d’eau pluviale (à hauteur de 30 m3) pour un usage sur site mais également pour l’entretien et l’arrosage des espaces publics.
Répondant ainsi aux exigences environnementales, l’ensemble offre un nouveau confort aux artistes, aux spectateurs et aux personnels avec une réorganisation des circulations, de l’accueil et du café ainsi qu’une plus grande ouverture sur l’espace public.
Le nouvel accueil de La rose des vents offre un espace confortable au public.
Budget
20 470 000 € TTC (coût d’opération)
- Ville : 9 700 000 €
- État (DRAC) : 4 400 000 €
- Région : 3 900 000 €
- MEL 1 974 804,55 €
- Département : 500 000 €
Le saviez-vous ?
Autres réalisations de Bernard Bougeault à Villeneuve-d'Ascq :
- Centre de la petite enfance,
- école maternelle Maxence-Van-der-Meersch (Hôtel-de-Ville),
- école Claude-Bernard (Pont-de-Bois),
- « Cube » de la Ferme Saint-Sauveur